Trois autres Thaïlande : la suite du Voleur

Chose promise chose dûe : voici la suite de la nouvelle Le Voleur, extraite du livre d’Etienne Rosse Trois autres Thaïlande. Au passage, je vous indique que le livre a déjà été gagné, et que ce n’est donc plus la peine de m’envoyer les réponses par mail. Merci en tout cas à tous ceux qui ont participé, et restez attentifs, car je vais essayer de mettre en place d’autres concours de ce type à l’avenir.

TROIS AUTRES THAÏLANDE
Étienne Rosse, Éditions GOPE
Le voleur (2/5)
Il traversa le living-room en sous-vêtement et alla jusqu’au couloir. Il se déplaçait doucement et il n’alluma aucune lampe. Il n’y avait presque pas de meubles dans la pièce, mais des planches du parquet étaient voilées et on aurait entendu le plus petit grincement dans le silence qui régnait dans la maison. À l’armée, Mook avait appris à se déplacer silencieusement dans la jungle de nuit et en ce moment, il positionnait ses pieds comme on lui avait enseigné, transférant progressivement le poids de son corps sur le pied d’appel avant de faire glisser l’autre au même niveau. Au moindre mouvement de la planche sous son pied avant, il se penchait en arrière et il faisait glisser ce pied sur une planche plus stable. C’est de cette façon qu’il progressa dans le couloir jusqu’aux deux portes, l’une étant à droite, elle donnait sur la cuisine, et l’autre à gauche, elle donnait sur la chambre unique de la maison. Il y avait un petit autel dédié à Bouddha au dessus de la fenêtre au bout du couloir et Mook fit une pause pour faire une prière. Il ne pria pas pour avoir de la chance au jeu de cartes, mais il demanda simplement d’arriver à entrer et à sortir de la chambre sans réveiller son épouse. Il empoigna la poignée de porte et il la fit tourner doucement vers la droite. Elle bougea sans bruit ni résistance et Mook se fendit d’un sourire dans l’obscurité. Il se félicita d’avoir investi quarante-neuf bahts dans une bombe de silicone, le meilleur investissement de sa vie. Il ouvrit doucement la porte et il se glissa dans la chambre.

[À suivre]

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