Bang Rajan 2 : les guerriers sont fatigués

1767, le royaume d’Ayutthaya est tombé sous l’emprise des soldats birmans, qui pillent tout sur leur passage : les statues de Bouddha et des prisonniers sont ramenés en Birmanie. Dans un petit village agricole proche de celui de Bang Rajan, le chef des Yantric Warriors, Nai Man, ouvre la voie à la lutte contre les envahisseurs.

Magnifique fresque historique et héroïque, Bang Rajan a donc une suite, toujours réalisée par Tanit Jitnukul. Sauf que Bang Rajan 2 est en fait plutôt un remake du premier film qu’une véritable suite. Les raisons ? Tous les protagonistes de Bang Rajan ayant péri (à l’exception du bonze), de nouveaux guerriers font leur apparition, avec quasiment les mêmes caractéristiques que leurs prédécesseurs. Les ennemis sont quant à eux toujours les Birmans. Quant au scénario, il est identique : des guerriers villageois face à l’envahisseur.

Quelles sont alors les différences entre Bang Rajan premier du nom et Bang Rajan 2 ? Les moyens et les acteurs dans un premier temps. Pour ce second opus, Tanit Jitnukul semble avoir bénéficié d’un budget plus conséquent. Conséquences : plus de figurants, une photographie plus travaillée (un peu dans le style de 300, dans une moindre mesure), et des effets spéciaux numériques à foison, pas toujours très convaincants cependant. Au niveau des acteurs, c’est donc l’ancien tennisman Paradorn Srichaphan qui hérite du rôle principal pour ses grands débuts de comédien. Et il s’en tire plutôt correctement dans ses scènes d’action (il a de toute façon très peu de textes).

Voilà pour la forme. Car pour le reste, Bang Rajan 2, qu’on nous promettait bien meilleur que le premier (ce qui est quand même difficile !), n’est qu’un copier / coller du long métrage original. Sauf que cette fois ça ne fonctionne plus vraiment. L’émotion qui se dégageait de Bang Rajan s’est ici volatilisée, l’accent ayant été mis sur l’action et les affrontements entre Thaïs et Birmans. Des Birmans tellement caricaturaux (ahahah je suis un méchant, je tue les femmes et les enfants et c’est ma joie, ahahah !) qu’ils en deviennent pathétiques et entraînent le film de Jitnukul vers la série B. C’est là le gros point faible de ce Bang Rajan 2 (outre la fainéantise du scénario), qui privilégie les séquences guerrières à celles qui se déroulent entre les personnages, à l’inverse du film de 2000. Pour preuve le début du film, qui verse dans le sang dès les premières minutes.

Il y a pourtant de bonnes choses dans ce Bang Rajan 2, qui font que le film n’est tout de même pas mauvais. Les décors sont une nouvelle fois somptueux par exemple. La photographie est très travaillée et apporte une vraie nouveauté (au détriment du réalisme tout de même). Le retour de certains acteurs du premier film, qui viennent lutter aux côtés des nouveaux, et réussi et marque l’apogée du film. Enfin, la symbolique des Thaïlandais réunis sous la même bannière pour faire front à l’adversité fait clairement référence à l’actualité récente du royaume.

Tout n’est donc pas à jeter dans Bang Rajan 2. Hélas, celui-ci ne tient pas la comparaison avec le premier, et s’avère de ce point de vue très décevant.

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